La fraude aux moyens de paiement est globalement maîtrisée en France, sauf sur un front : la fraude par manipulation, dont le faux conseiller bancaire est la forme la plus fréquente. Elle a atteint 516 millions d'euros en 2025, en hausse de 34 % sur un an, d'après l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement.
Les faits
Dans son communiqué du 7 septembre 2026, publié pour ses dix ans, l'Observatoire, présidé par le premier sous-gouverneur de la Banque de France, dresse le bilan de l'année 2025. Les montants de fraude progressent de 3,8 % alors que les paiements progressent davantage, et le nombre d'opérations frauduleuses recule de 7,6 %. Le taux de fraude sur la carte est au plus bas historique, à 47 euros pour 100 000 euros de paiement ; la fraude au chèque recule de 16 %, mais les chèques volés représentent encore 90 % des chèques frauduleux. À l'inverse, les fraudes par manipulation, stables en 2024, repartent à la hausse : 516 millions d'euros en 2025, soit 41,6 % de la fraude totale, dont 376 millions sur le virement. L'Observatoire fixe quatre priorités : la coopération avec les télécoms, un plan avec les acteurs du numérique, le renforcement des outils de prévention des banques (plafonds individualisés, fichier national des comptes frauduleux, vérification du bénéficiaire), et la sensibilisation des utilisateurs. Il rappelle qu'une banque n'a jamais besoin de demander à son client la moindre manœuvre pour arrêter un paiement suspect.
Sources : banque-france.fr
Ce que ça change pour vous
Particulier : si un « conseiller » vous demande de valider, supprimer ou réinscrire quoi que ce soit pour « bloquer une fraude », raccrochez et rappelez votre agence sur le numéro de votre relevé ; et si vous avez déjà été piégé, la responsabilité de la banque est engagée sauf preuve d'une négligence grave, que l'arrêt du 23 octobre 2024 rend difficile à établir.
Entreprise : les 376 millions d'euros de virements frauduleux sont, pour une large part, des faux fournisseurs et des faux RIB ; la vérification du bénéficiaire mise en place par les banques ne vous dispense pas d'une procédure interne de contrôle des changements de coordonnées bancaires.
Mon commentaire
Le chiffre qui compte pour mes clients n'est pas 516 millions, c'est la phrase de l'Observatoire : une banque n'a jamais besoin de vous faire faire une manipulation pour stopper un paiement. C'est le critère qui sépare, dans un dossier, l'appel légitime de l'escroquerie, et c'est aussi l'argument qui pèse devant le juge quand la banque invoque votre négligence. La hausse de 34 % dit autre chose : la fraude s'est déplacée là où la technique ne protège pas, vers la confiance. C'est un contentieux qui va grandir, et il faut y répondre vite, dans les heures qui suivent.
Sources
- Communiqué de presse de la Banque de France du 7 septembre 2026, chiffres 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (banque-france.fr)
- Communiqué en PDF (banque-france.fr)
- Arrêt du 23 octobre 2024 sur le faux conseiller : voir notre actualité dédiée